Women 68 même pas mort

Trois « copines de 40 ans », trois « mémés rouges » sortent de leur retraite, bouleversées que Mai 68 soit liquidé comme un mauvais souvenir. « J’ai 73 ans et ce n’est pas des petits cons qui vont m’apprendre la vie et qui vont m’empêcher de remettre ça », dit Marie-France. Ce sont des crazy women, des suffragettes émancipées, des « triplettes de Belleville » façon 68, elles chantent Frank Zappa et Janis Joplin, toujours engagées, enragées, qui n’ont peur de rien et surtout pas des petits mâles dominants. Entre l’Affiche du Ché et le manifeste des 343 salopes, entre l’anti-Œdipe de Deleuze, le Black Power et Angela Davis, les comédiens racontent le mois de Mai 68. Elles descendent dans l’arène ou dans la rue, comme elles prirent le théâtre de l’Odéon jadis.

Conception et réalisation : Bruno Boussagol
Texte : Nadège Prugnard
Interprétation : Bruno Boussagol, Jean-Louis Debard, Pierre-Marius Court
Look : Marie Caup

Merci à Danielle Auroi, Liliane Grossard, Pierrette Tichit, Marie-France Cheville.

Presse

« Nos trois « héroïnes » ont fait 68, là-bas, à Clermont, et leur Mai 68, c’est une tentative de conquête de liberté individuelle et collective à la fois, le rêve de se défaire d’une éducation qui les destinait d’abord à l’usine, ensuite à la maison pour élever les enfants. « Les mémés rouges », nos trois pétroleuses, suffragettes en goguette qui avancent dans la vie en expérimentant tout ce qui se présente (sexe, drogue et rock-and-roll), en détricotant tous les discours contredits par la vie sur la politique, le féminisme, l’engagement, l’utopie, nous épatent par leur irrévérence, leur ténacité à n’être jamais rentrées dans le rang, leur entêtement à croire en d’autres possibles. Pas de ton sépia. Les couleurs, ici, sont vives comme le sont ces « mémés rouges ». Zéro nostalgie. No regrets. Elles s’adressent à leurs frangines, d’hier et d’aujourd’hui, et leurs paroles résonnent avec impertinence aux jeunes générations. Elles chantent, Janis Joplin, Leonard Cohen, Frank Zappa ; s’envoient des vacheries à la gueule mais restent unies comme le poing qu’elles levaient quand elles avaient vingt ans. » Marie-Josée Sirach, L’Humanité

« Ce spectacle s’appelle WOMEN. Il est sous-titré 68 MÊME PAS MORT. Nadège Prugnard est une jeune dramaturge bourrée de talent. Elle a gagné énormément en écriture, en rapidité, en narration sur ce texte. Ce texte est formidable. (…) C’est une forme d’oratorio pour trois vieilles « soixante-huitardes » interprétées par trois comédiens qui ont un certain âge, qui sont en robe -ça n’a rien à voir avec du travesti. Ils sont sur scène avec leur calvitie, leurs rides, leur pesanteur. Chacun va porter l’histoire d’une femme et au résultat c’est un spectacle iconoclaste, complètement tendre, sensible, extrêmement drôle, extrêmement violent, et comme il est écrit par quelqu’un qui a une trentaine d’années, c’est un spectacle qui est à la fois très politique aujourd’hui, très féministe, extrêmement violent, très actuel. C’est vraiment dans cette année commémorative le spectacle qu’on devrait voir absolument dans toutes les grandes scènes et dans tous les grands festivals (…). » Daniel Martin, France Culture

« Le texte est débité comme un impétueux torrent, c’est du verbe en rafale, des salves d’éjaculation verbales. L’écriture est hargneuse. Ce qui est important c’est cette santé, cette rébellion qui souffle encore dans le corps de ces 3 femmes. parfois le verbe laisse place à des chansons, et on se dit « Mais ils chantent bien » , ce qui est rarement le cas pour des comédiens. Pas de place pour la nostalgie, le texte raconte 68 par le souffle, c’est épique au sens brechtien du terme. » Jacques Livchine Théâtre de l’Unité

Vidéo

Crée en 2008 par Brut de Béton Production à la Maison de la Culture à Clermont-Ferrand.

Crédits photos :  Jean louis Gorce.

Cie Brut de Béton