Sexamor

sexamor

Voilà deux cœurs et deux sexes sur le plateau du théâtre, en proie à un questionnement autour de l’origine, de la rencontre, de la force du désir. Ce qui se joue aujourd’hui entre l’homme et la femme, il nous faut prendre le risque de le réprouver, de le remettre en jeu, d’en rire, d’affirmer le refus de consentir à des rôles préétablis et réducteurs. Affrontement, guerre ou danse heureuse, manipulation ou séduction, dialogue ou réflexion solitaire à haute voix, ces deux êtres vont traverser autant de moments habités par l’insoluble question du rapport à l’autre. On les verra aux prises avec des mécanismes, où les lois physiques de tension, d’inertie, d’attraction s’exercent, sans égard pour la douceur de leur peau. Il s’agira aussi de rendre compte, par la parole, de l’agitation de la pensée, voire de son affolement, lorsqu’elle s’efforce de cerner ce qui la dépasse de toute façon.

Aller à la rencontre de ce qui n’arrive pas à se dire et ne peut se représenter, cet état emmêlé d’inattendu, d’incompréhensible, d’illogique, de burlesque, de bouleversant, de fugitif, d’incorrect, de léger, d’incohérent. S’aventurer dans cette aveuglante forêt noire où résonnent les cris d’animaux que nous redevenons, quand le corps tremble et ne peut plus attendre.

Projet de : Pierre Meunier
Fabrication collective
Textes et jeu : Nadège Prugnard, Pierre Meunier
Collaboration dramaturgique : Yoana Urruzola
Compositeur son : Alain Mahé
Costumes : Christine Thépénier
Peinture : Catherine Rankl, Eric Gazille
Régie générale – lumière : Jean-Marc Sabat
Régie plateau : François Virolle / Joël Perrin
Régie son : Géraldine Foucault
Construction : François Virolle / Joël Perrin / Denis Wenger
Stagiaire/mise en scène : François Lanel
Guitare électrique enregistrée : Jean-François Pauvros

Presse

« On peut parler de rencontre entre Pierre Meunier et Nadège Prugnard. Lui, poète-ferrailleur, inventeur de machineries mentales et mécaniques surréalistes, crée des univers baroques et poétiques avec du matériau lourd, de la fonte, du fer, des pierres… Son univers théâtral soulève des montagnes de ferrailles, fait rouler les pierres et pleurer la terre. Nadège Prugnard écrit des textes surprenants, dérangeants, qui flirtent avec l’intranquillité, les tabous, le sexe, la condition féminine. Elle ose les interdits, brave la bienséance, bouscule la morale bourgeoise. Son écriture est à vif, provoque des irruptions de désir et d’angoisse, des démangeaisons à répétition. M.A.M.A.E. ou Women 68, deux de ses créations, explosent les codes de la parole policée, « peaulissée ». Écriture crue, onomatopéique pour dire l’urgence de vivre, la pensée en action. La rencontre de leurs deux univers devient évidente, s’impose. L’un et l’autre marquent de leur présence, discrète mais ferme, la scène théâtrale contemporaine. Les errements sur le plateau de Pierre Meunier, ses mimiques et ses sourires d’amoureux tour à tour séduit, éconduit ; cette mécanique du geste poétique, tout se heurte de plein fouet à la présence terrienne de Nadège Prugnard. Chacun joue de sa différence, s’amuse de son désir de faire corps avec l’autre, se lance dans des impromptus où l’équilibre ne tient qu’à un fil. Voilà un spectacle encore en devenir, fort et fragile, osé et gonflé. Il dit le rapport à l’autre, l’altérité, l’angoisse de la mort, le désir, dans une scénographie qui dessine les contours des fantasmes et autres fantaisies sexuelles et spirituelles. Il dit l’art du théâtre en perpétuel mouvement, le plateau comme une vaste plaine où tout est à conquérir, à inventer. Pierre Meunier et Nadège Prugnard, tels deux Don Quichotte ayant repéré de nouveaux moulins, pratiquent un théâtre atypique, résolument contemporain, à contre-courant de toutes conventions. » Marie-Josée Sirach, L’Humanité

Sexamor Daniel-Aime

« Pierre Meunier s’affranchit de son tas, de ses passations minérales et de ses ressorts, pour aborder la question du sexe et de l’amour dans un mouvement perpétuel qui se fait l’écho de cette troublante interrogation. Abordant la chose la plus naturelle du monde avec bruits et fracas, l’auteur met en agitation, l’attraction des corps soumis au diktat du désir et de l’inénarrable expédition de l’un vers l’autre. Une savante machinerie fait résonner ce qui tient à la fois de l’énigme, de l’imaginaire et du récit impossible. » Théâtrorama

Cie La Belle Meunière

Vidéo

Création 2009 au Théâtre Vidy à Lausanne / Compagnie La Belle Meunière.
Coproductions : La Belle Meunière, le Théâtre de Vidy-Lausanne, le Théâtre de la Bastille-Paris, le Théâtre de l’Agora-Scène nationale d’Evry et de l’Essonne, le Théâtre national de Strasbourg, Le Merlan-Scène nationale à Marseille, Le Fanal-Scène national de Saint-Nazaire, le Théâtre de Brétigny-Scène conventionnée du Val d’Orge, le CDN de Thionville-Lorraine.

Crédits photos : Daniel Aimé.

Photos