No Border - Lecture

No Border

« NO BORDER est un texte inspiré d’un travail d’écriture de terrain que j’ai mené pendant deux ans à arpenter la « Jungle » de Calais à la rencontre des exilé(e)s hommes et femmes qui fuient la guerre et la dictature dans leurs pays et qui espèrent trouver asile en Europe. NO BORDER est un « poème » ininterrompu, un monologue pluriel et haletant imaginé comme la flamme fragile que se passe de main en main les coureurs de marathon. Il n’y a pas « d’histoire » à proprement parler, NO BORDER c’est une sorte de tour de Babel, un édifice d’âmes multiples qui s’inscrit dans l’écriture comme un impétueux torrent, comme une vague qui submerge, c’est une lutte âme à âme qui parle du combat du vouloir vivre de celles et ceux qui franchissent les océans les murs les frontières au péril de leurs vies et que je tente de construire en miroir avec nos propres migrations intimes, nos propres errances et questionnements sur la question des moteurs de la violence d’aujourd’hui, de la « déshumanisation » , du sens de la communauté et de l’état de notre démocratie. NO BORDER, c’est une odyssée faite de milles voix, mille espoirs inassouvis, mille révoltes inconsolables, c’est aussi en filigrane l’histoire de ma propre traversée à arpenter sans relâche le ghetto calaisien nommé « Jungle » à la rencontre des exilé(e)s au bord du monde. » Nadège Prugnard

Distribution

Texte et interprétation : Nadège Prugnard
Mise en lecture : Guy Alloucherie

Projet

« Les cris cognent contre nos propres fêlures, mais l’inverse aussi. Tous les mots circulent d’un Je à l’Autre dans cette mélopée bestiale, et ces reflets incessants traduisent la parole commune des expatriés d’un monde où l’on a délogé la tendresse. » Génica Backynski, L’Humanité, Avril 2018

« No Border est un démontage poétique, une tresse qui mêle sa vie intime, ses fêlures, avec les drames de ces êtres humains à la fois « morts et vivants » » Clarisse Fabre, Le Monde, Février 2018

« Moment intense. On est suspendus à ses lèvres […] Lever les frontières, faire tomber les murs […] Alors Nadège Prugnard dégaine ses armes, les seules qu’elles possèdent, des mots pour retrouver notre dignité perdue. » Marie-Josée Sirach, L’Humanité, Juillet 2017

 » Il y a la beauté comme vaccin contre le fascisme. Nadège Prugnard creuse la terre et la boue, en exhume le vers, ce versus latin, ce sillon de la charrue, plaie béante à ciel ouvert. Elle y décèle les bombes pernicieuses de l’ultra-libéralisme qui nous tue tous, qui enfume salement nos impuissances et nos révoltes. « Je fais remonter le poème avec les doigts », dit-elle. Et explose à intervalles réguliers ce refrain : « nos tremblements couronnés et trahis », puis surgit comme une fusée de détresse, la peur d’Idir : « Je me sens pas réel. » C’est un grand texte debout, un écrit au tissage cosmopolite qui entrelace les témoignages de migrants, mais aussi ceux d’habitants et de bénévoles, qu’on entend moins souvent. Dans un style irrigué par la rue et le rock, ses terres d’élection. […] Mots crus en intraveineuse, langues tout en en cris, larmes et tambours, rythme enflammé par la lave de l’émotion… Nadège Prugnard éruptive et sensible, sait nous parler d’eux, de nous. Elle nous réapprend à écouter ce grand hurlement de l’Histoire, là, tout proche. Nous suivrons de très près la création qui suivra. » Stéphanie Ruffier, Théâtre du Blog

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Ecrit lors de résidences à la Chartreuse – Centre national des écritures du spectacle à Villeneuve Lez Avignon

Crédits photos : Christian Stavel, Théâtre du Blog

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